Remerciez Augier et Ponsard, si vous les voyez; surtout le prince, qui s'occupe aussi de moi avec le coeur que nous lui savons.
Bonsoir, chère et bonne cousine; toutes mes tendresses au cousin et aux chers enfants.
G. SAND.
Vous savez donc aussi la botaniqne, vous? vous savez donc tout? Exigez que Lucien soit très ferré sur la technologie; ça l'ennuie, mais c'est indispensable, et pas difficile quand on sait le latin.
[1] Plusieurs membres de l'Académie française avaient mis sa candidature en avant pour le prix Gobert.
CDLXXVII
A MAURICE SAND, A ALGER
Tamaris, 15 mai 1861.
Cher enfant,
J'ai reçu, ce matin, ta lettre de Marseille, et, ce soir, une lettre d'Oscar, que je t'envoie. J'espère que tu auras eu un bon départ et une bonne sortie des côtes; mais, en pleine mer, tu as dû trouver une forte houle. La tempête a dû laisser encore là de l'agitation. Ici, temps magnifique; hier et aujourd'hui, chaleur complète, quelques nuées d'orage, quelques ondées, et pas un souffle de vent, pas même au bord du golfe de la Seyne, cet endroit maudit qui nous a tant fait éternuer et moucher. Calme plat à présent, la mer unie comme du satin aussi loin que la vue peut s'étendre. C'est égal, je voudrais bien te savoir arrivé sans ennui, sans retard, sans fatigue et par un beau soleil pour poétiser ta première impression de cette terre nouvelle.