DVIII
A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLEON (JÉRÔME), A PARIS
Nohant, 25 février 1862.
Oui, vous seul êtes franc et courageux dans cette officine d'hypocrisie. Ne vous laissez pas effrayer de tous ces cris, marchez toujours, cher prince, et soyez sûr que la vraie France est avec vous. Elle vous tiendra compte de ces fureurs que vous soulevez, et votre place est déjà marquée dans l'histoire du progrès comme un rayon de vérité perçant les ténèbres. Nos coeurs vous suivent et le mien vous bénit.
GEORGE SAND.
DIX
AU MÊME
Nohant, 26 février 1862.
Merci pour le numéro du Moniteur que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Je ne vous avais lu que tronqué dans les autres journaux, quand je vous ai écrit hier au soir, et je vois que vous avez encore mieux parlé que je ne croyais. Votre discours est beau autant qu'il est bon, et, dans votre bouche, ces choses sont grandes et durables en retentissement. Vous ouvrez une grande tranchée.
La pensée du règne, comme on disait sous Louis-Philippe, vous y suivra-t-elle? que de réserve timide et un peu lâche, que de puéril modérantisme dans le talent parleur des orateurs du gouvernement!