Je t'enverrai cela, tu le donneras à ceux de ses plus proches amis que tu connais, en les prévenant bien que cela n'a pas la prétention d'être autre chose qu'un ex-voto. Bonsoir, mon cher vieux; écris-nous souvent. Nous t'embrassons de coeur.

[1] Déporté à Lambessa après le coup d'État de 1851. [2] Le directeur de l'Écho de l'Indre.

CCCLXXII

A MAURICE SAND, A PARIS

Nohant, 31 janvier 1854.

Cher enfant,

Tu m'en écris bien court! J'espère que tu te portes bien et que tu t'amuses, et tu sais, au reste, que j'aime mieux trois lignes que rien.

Moi, je ne te dis pas grand'chose non plus, parce que je ne fais rien que tu ne saches par coeur, et que ma vie est si uniforme, si semblable tous les jours à la veille, que tu peux te dire, à toutes les heures, ce qui se passe à Nohant, et de quoi je m'occupe.

Mon Trianon devient colossal et Teverino[1] a pris cinq actes. Je remets au net et j'avance. Je me porte bien, sauf un peu d'excitation de nerfs qui m'empêche de m'endormir bien.

Nous avons été voir la comédie bourgeoise pour les pauvres, à la Châtre.
C'est trop mauvais. Duvernet et Eugénie sont directeurs de cette troupe.
Ça ne leur fait pas honneur.