A la seconde apparition dans la pièce, en 1795, il est colonel, noir plus de Mayençais qui n'existent plus, mais d'un régiment de cavalerie quelconque que l'on ne désigne pas, et que tu choisiras à ton idée; pas de cuirasse si c'est possible, et pas de casque. Il ne saurait pas porter ça. Vois ce que tu peux nous donner. Si on le laisse s'habiller, il sera, peut-être absurde; tire-nous d'embarras.

Dans ce théâtre, qui se recrée pour ainsi dire, il n'y a pas d'artiste attitré et capable, pour ces costumes qui, en somme, seront de fantaisie, vu la pénurie de l'époque, mais qui doivent rentrer dans la couleur vraie. Envoie vite. Je vas bien. Je travaille sans débrider.

Je bige tout mon cher monde et ma Lolo. Je trouve le temps de corriger les épreuves, trouve celui de m'envoyer deux ou trois croquis.

[1] Rôle créé par lui dans François le Champi.

DCLXXX

A M. GUSTAVE FLAUBERT, A CROISSET

Paris, fin septembre 1868.

Cher ami,

C'est pour samedi prochain, 3 octobre. Je suis au théâtre tous les jours de six heures du soir à deux heures du matin. On parle de mettre des matelas dans les coulisses pour les acteurs qui ne sont pas en scène.

Quant à moi, habituée aux veilles comme toi-même, je n'éprouve aucune fatigue; mais j'aurais bien de l'ennui sans la ressource qu'on a toujours de penser à autre chose. J'ai assez l'habitude de faire une autre pièce pendant qu'on répète, et il ya quelque chose d'assez excitant dans ces grandes salles sombres où s'agitent des personnages mystérieux parlant à demi-voix, dans des costumes invraisemblables; rien ne ressemble plus à un rêve, à moins qu'on ne songe à une conspiration d'évadés de Bicêtre.