Ne t'embarrasse pas de tout cela et va devant toi. N'aie pas de système, obéis à ton inspiration.

Voilà le beau temps, chez nous du moins, et nous nous préparons à nos fêtes de Noël en famille, au coin du feu. J'ai dit à Plauchut de tâcher de t'enlever; nous t'attendons. Si tu ne peux venir avec lui, viens du moins faire le réveillon et te soustraire au jour de l'an de Paris; c'est si ennuyeux!

Lina me charge de te dire qu'on t'autorisera à ne pas quitter ta robe de chambre et tes pantoufles. Il n'y a pas de dames, pas d'étrangers. Enfin tu nous rendras bien heureux et il y a longtemps que tu promets.

Je t'embrasse et suis encore plus en colère que toi de ces attaques, mais non démontée, et, si je t'avais là, nous nous remonterions si bien, que tu repartirais de l'autre jambe tout de suite pour un nouveau roman.

Je t'embrasse.

Ton vieux troubadour,

G. SAND.

DCCXIII

A M. BERTON PÈRE, A PARIS

Nohant, décembre 1869.