Je partage le déchirement de cette séparation pour toi et pour tes chers enfants. Ils sont bien bons, bien intelligents; ils t'aiment tendrement et religieusement; ils t'aideront à subir cette inévitable perte. Dis-leur que je les aime aussi comme s'ils étaient à moi, et que je leur recommande bien de te distraire et de te consoler.

Je vous embrasse tous quatre bien affectueusement et maternellement.

Ta tante,

G. SAND.

[1] Fils aîné de madame Simonnet.
[2] La mort de madame Chaînon, belle-soeur de madame Sand et mère de
madame Simonnet.

DCCXXIII

A MAURICE SAND, A NOHANT

Paris, 23 février 1870.

J'ai été dîner aujourd'hui chez Magny pour la première fois depuis huit jours; ça m'a réconfortée: j'étais un peu lasse de poulet froid.

J'ai avalé mes quatre heures de répétition. Demain mercredi, répétition générale, lumières, décors et costumes. Ça va très bien maintenant; on pleure beaucoup, on rit aussi. Vendredi, sans faute, première représentation.