Me voilà guérie: j'ai soupé ce soir avec Zacharie, qui est bien gentil, bien dévoué et qui se met en quatre. Nous avons dévoré un joli morceau de fromage, des fruits, des confitures; nous furetions dans la cuisine, c'était comme à Nohant. Mais comme vous nous manquiez! Quel bonheur si on pouvait jouir ensemble d'une bonne chance comme cela!
Enfin! je vais vous revoir et tout sera pour le mieux. Mangez mon miel, on en aura d'autre; que ma Lolo dévore sa bonne mère. Bigez Titite. Portez-vous bien, surtout!
DCCXXVI
AU MÊME
Paris, 2 mars 1870.
Cinq mille cinquante francs de recette; on a chassé les musiciens, bourré l'orchestre et vendu des places de couloir. On ne croyait pas que l'Odéon pût faire cette recette, au prix où il est. J'y ai été faire un tour, ce soir. Le public est de plus en plus ému, attentif, enthousiaste. L'orchestre était plein de femmes en pleurs; elles s'amusent drôlement, un mardi gras! On est persuadé maintenant que c'est un second Villemer.
J'ai reçu des étudiants toute la journée. Ils venaient, par bandes de douze, me remercier et me féliciter; tous très gentils et bien élevés. J'étais comme au milieu de nos jeunes gens de Nohant.
Retenez-moi cheval, voiture et mon postillon d'habitude pour samedi; j'arriverai pour dîner. Quel bonheur de vous revoir, mes enfants, et avec un si beau résultat en main. Bigez mes amours de cocotes.