Eh bien, mon cher parrain[1], avez-vous lu le roman terrible[2]?
Puis-je savoir votre avis?

Viendrez-vous en causer avec moi, en acceptant mon petit dîner de Palaiseau; ou, si vous n'avez pas le temps, irai-je à Paris le jour que vous m'indiquerez? Je voudrais bien connaître votre jugement, ô juge impeccable, et pouvoir m'y appuyer.

Pardonnez-moi mon impatience, et comprenez-la.

À vous de coeur.

GEORGE SAND.

[1] Noël Parfait et Alexandre Dumas fils avaient été les parrains de
George Sand, lors de son admission dans la Société des auteurs
dramatiques.
[2] Raoul de la Chastre, roman de Maurice Sand, que la Revue des
Deux-Mondes
refusait de publier sous prétexte d'immoralité.

DLXVIII

A MADEMOISELLE NANCY FLEURY, A PARIS

Palaiseau, 4 août 1864.

Nous avons perdu notre pauvre enfant! Je suis arrivée à Guillery pour l'ensevelir. J'ai emmené Lina et Maurice à Agen. Je les ai mis en chemin de fer pour Nîmes. Ils ont besoin de voyager un peu, ils sont aussi courageux que possible. Mais quel coup!