Si vous en rendez bon compte à MM. Lévy, ils le publieront, et il y aura justice à donner un jeune et gracieux esprit, déjà solide, le moyen de se faire connaître et la confiance pour s'exercer. Vous n'aurez donc pas d'ennui à lire son ouvrage, et le service que je vous demande n'est pas un acte de pénible dévouement.
A vous de coeur.
G. SAND.
DCXV
A MADEMOISELLE MARGUERITE LHUILLIER, A LA BOULAINE (NIÈVRE)
Nohant, 8 octobre 1866.
Où es-tu, ma chère bonne petite Margot? J'espérais recevoir ici de tes nouvelles, en revenant de ton pays de Bretagne, où j'ai passé quelques jours avec mes enfants. Ton silence m'inquiète. Je n'ai pas ton adresse au juste. Dois-je attendre que tu me la donnes? Ne crains pas que je la répande. Je peux écrire sous le couvert d'Alexandrine. Enfin, dis-moi que tu n'es pas malade et pas triste. Tu sais qu'au moindre spleen sérieux, il faut venir à moi; qu'il y a Nohant, Gargilesse, Palaiseau et Paris, mes quatre domiciles à ton service, et moi, enchantée de te distraire et de te soigner.
Un mot de toi, chère enfant! ne me laisse pas dans l'inquiétude.
Dis-moi si cette campagne est assez installée pour toi I'hiver, et si
Alexandrine s'y habitue. Je t'embrasse de tout mon coeur, et je t'envoie
les amitiés de mes enfants.
Amitiés à Alexandrine aussi.