Il n'y avait dans la lettre que ce peu de mots:
«Adieu, Thérèse, vous ne m'aimez pas, et, moi, je vous aime comme un enfant!»
Ces deux lignes firent trembler Thérèse de la tête aux pieds. La seule passion qu'elle n'eût jamais travaillé à éteindre dans son coeur, c'était l'amour maternel. Cette plaie-là, bien que fermée en apparence, était toujours saignante comme l'amour inassouvi.
—Comme un enfant; répétait-elle en serrant la lettre dans ses mains agitées de je ne sais quel frisson. Il m'aime comme un enfant! Qu'est-ce qu'il dit là, mon Dieu! sait-il le mal qu'il me fait? Adieu! Mon fils savait déjà dire adieu! mais il ne me l'a pas crié quand on l'a emporté. Je l'aurais entendu! et je ne l'entendrai jamais plus.
Thérèse était surexcitée, et, son émotion s'emparant du plus douloureux des prétextes, elle fondit en larmes.
—Vous m'avez appelée? lui dit Catherine en rentrant. Mais, mon Dieu! qu'est-ce que vous avez donc? Vous voilà dans les pleurs comme autrefois!
—Rien, rien, laisse-moi, répondit Thérèse. Si quelqu'un vient pour me voir, tu diras que je suis au spectacle. Je veux être seule. Je suis malade.
Catherine sortit, mais par le jardin. Elle avait vu Laurent marcher à pas furtifs le long de la haie.
—Ne boudez pas comme cela, lui dit-elle. Je ne sais pas pourquoi ma maîtresse pleure; mais ça doit être votre faute, vous lui faites des peines. Elle ne veut pas vous voir. Venez lui demander pardon!
Catherine, malgré tout son respect et son dévouement pour Thérèse, était persuadée que Laurent était son amant.