—Tout est peut-être pour le mieux, pensa-t-il en la retrouvant aussi calme qu'il l'avait quittée.
Il fut pourtant effrayé de sa pâleur.
—Ce n'est rien, lui dit-elle tranquillement; ce rhume me fatigue beaucoup, mais ce n'est qu'un rhume. Cela doit faire son temps.
—Eh bien, Thérèse, lui dit-il, qu'y a-t-il d'établi dans nos rapports, à présent? Y avez-vous réfléchi? C'est vous qui déciderez. Devons-nous nous quitter avec dépit ou rester ensemble sur le pied de l'amitié comme autrefois?
—Je n'ai aucun dépit, répondit-elle; restons amis. Demeurez ici si vous vous y plaisez. Moi, j'achève mon travail, et je retourne en France dans quinze jours.
—Mais, d'ici à quinze jours dois-je aller demeurer dans une autre maison? ne craignez-vous pas qu'on n'en jase?
—Faites ce que vous jugerez à propos. Nous avons ici nos appartements indépendants l'un de l'autre; le salon seul est commun: je n'en ai aucun besoin; je vous le cède.
—Non, c'est moi qui vous prie de le garder. Vous ne m'entendrez pas aller et venir; je n'y mettrai jamais les pieds, si vous me le défendez.
—Je ne vous défends rien, répondit Thérèse, sinon de croire un seul instant que votre maîtresse puisse vous pardonner. Quant à votre amie, elle est au-dessus d'une certaine sphère de désillusions. Elle espère encore pouvoir vous être utile, et vous la retrouverez toujours quand vous aurez besoin d'affection.
Elle lui tendit la main et s'en alla travailler.