—Des dangers, à moi? vis-à-vis d'un pareil monument? Pour qui donc me prenez-vous, mon cousin? Avez-vous si mauvaise opinion des Françaises...
—Les Françaises sont beaucoup moins coquettes que les femmes russes, mais elles sont plus téméraires, plus franches, si vous voulez, parce qu'elles sont plus braves. Elles irritent des vanités qu'elles ne connaissent pas. Oserai-je vous demander si M. le marquis de Thièvre désire la restauration des Bourbons par raison de sentiment...
—Mais oui, d'abord.
—Sans doute; mais n'a-t-il pas de grands avantages à faire valoir?...
—Nous sommes assez riches pour être désintéressés.
—D'accord! Pourtant, si vous étiez desservis auprès d'eux...
—Notre position serait très-fausse, car on ne sait ce qui peut arriver. Nous nous sommes beaucoup compromis, nous avons fait de grands sacrifices.—Mais en quoi votre oncle peut-il nous nuire auprès des Bourbons?
—Le tsar peut tout, répondit Mourzakine d'un air profond.
—Et votre oncle peut tout sur le tsar?
—Non pas tout, mais beaucoup, reprit-il avec on mystérieux sourire qui effraya la marquise.