—Il paraît, mon cher, dit le prince à l'homme d'intrigues, que vous m'avez laissé voler ma petite amie! Je ne vous aurais pas cru si facile à tromper. Comment se fait-il que vous soyez rentré sur les minuit sans la ramener?
Valentin montra une très-grande surprise, et il était sincère. Il raconta comment le comte lui avait donné congé de la part du prince. Il était impossible de soupçonner un projet d'enlèvement.
—N'importe! vous avez manqué de pénétration. Un homme comme vous doit tout pressentir, tout deviner, et vous avez été joué comme un écolier.
—J'en suis au désespoir, Excellence; mais je peux réparer ma faute. Que dois-je faire? me voilà prêt.
—Vous devez retrouver la petite.
—Où, Excellence? A l'hôtel Talleyrand? Certes ce n'est pas là que le comte l'aura menée.
—Non; mais je ne sais rien de Paris, et vous devez savoir où en pareil cas on conduit une capture de ce genre.
—Dans le premier hôtel garni venu. Votre oncle est un grand seigneur, il aura été dans un des trois premiers hôtels de la ville: je vais aller dans tous, et je saurai adroitement si les personnes en question s'y trouvent. Votre Excellence peut se reposer; à son réveil, elle aura la réponse.
—Il faudrait faire mieux, il faudrait me ramener la petite. Mon oncle n'attendra pas le jour pour retourner à son poste auprès de notre maître; il doit y être déjà, et je suis sûr que Francia aura la volonté de vous suivre.
—Votre Excellence est bien décidée à la reprendre après cette aventure?