LE CHEF DES SBIRES, recevant la bourse de Gabriel et regardant l'hôte avec hésitation.

En indemnisant l'hôte pour les meubles brisés et le vin répandu... cela peut s'arranger... Quand les assassins seront en jugement, vos seigneuries comparaîtront.

ASTOLPHE.

A tous les diables! c'est assez d'avoir la peine de les larder... Je ne veux plus entendre parler d'eux. (Bas à Gabriel.) Quelque chose à l'hôte, et ce sera fini.

GABRIEL, tirant une autre bourse.

Faut-il donc acheter la police et les témoins, comme si nous étions des malfaiteurs!

ASTOLPHE.

Oui, c'est assez l'usage dans ce pays-ci.

L'HÔTE, refusant l'argent de Gabriel.

Non, monseigneur, je suis bien tranquille sur le dommage que ma maison a souffert. Je sais que votre altesse me le paiera généreusement, et je ne suis pas pressé. Mais il faut que justice se fasse. Je veux que ce tapageur d'Astolphe soit arrêté et demeure en prison jusqu'à ce qu'il m'ait payé la dépense qu'il fait chez moi depuis six mois. D'ailleurs je suis las du bruit et des rixes qu'il apporte ici tous les soirs avec ses méchants compagnons. Il a réussi à déconsidérer ma maison... C'est lui qui entame toujours les querelles, et je suis sûr que la scène de ce soir a été provoquée par lui...