[20] Ce n'est pas une raison pour omettre de rappeler la belle action qui s'est passée depuis que ces lignes sont écrites. Sous-préfet à Nérac, M. de Pompignan est descendu dans un puits méphitique où personne n'osait se risquer, pour en retirer de pauvres ouvriers asphyxiés. Parvenu au but de ses efforts, M. de Pompignan, qui par deux fois déjà s'était évanoui, replongeant toujours avec un nouveau courage, faillit payer de sa vie l'admirable dévoûment de son cœur.
[21] Quelquefois les mêmes prêtres qui officiaient, tantôt dans notre chapelle, tantôt dans celle des Écossais, amenaient chez nous, pour servir la messe, quelque pieux élève, fier de remplir l'office d'enfant de chœur. Je me souviens d'avoir vu là plusieurs fois, sous la robe de pourpre et le blanc surplis, le frère d'une de nos plus belles compagnes, qui était aussi un des plus beaux garçons du collége voisin. C'était celui qu'on a appelé depuis dans le monde le beau Dorsay, et que je n'ai connu que peu de temps avant sa mort, alors que, plein de généreuse sollicitude pour les victimes politiques, jusque sur son lit d'agonie, il était le noble et courageux Dorsay. Sa sœur, la belle et bonne Ida Dorsay, était sortie du couvent lorsque j'y entrai, mais elle y venait souvent voir ses anciennes amies. Elle a épousé le comte de Guiche; elle est aujourd'hui duchesse de Grammont.
[22] Probablement il était d'origine anglaise; il s'appelait Whitehead (tête blanche).
[23] On appelait dortoirs non-seulement la salle commune de la petite classe, mais aussi les corridors longs, étroits et obscurs qui séparaient les doubles rangées de cellules fermées.
[24] Sœur Hélène! Elle est dans ses vapeurs. Littéralement: Dans ses mauvais esprits.
[25] J'ai connu dans la suite la belle et véritablement angélique personne dont il est question. Elle avait épousé M. de R... en secondes noces. Elle m'a raconté toute l'histoire de son union avec le duc de C... «Ah! mon bon cousin René, si vous l'aviez entendue décrire ce parfait bonheur de sa première union!»
[26] Dans ce temps-là, je croyais, comme beaucoup d'autres, que Thomas a Kempis était l'auteur de l'Imitation. Les preuves invoquées par M. Henri Martin sur la paternité légitime de Jean Gerson m'ont semblé si concluantes, que je n'hésite pas à m'y rendre.
[27] Fontenelle, Éloge de Leibnitz.
[28] Dans une de ces lettres, elle me raconte comme quoi Clary de Faudoas a manqué mettre le feu à sa cellule, pour fêter par des illuminations, la naissance du petit duc (Henri V). Je cite ce petit fait comme une date de mon récit.
[29] Elle avait été de quinze cents francs dans le premier brouillon du testament. Il l'avait fait réduire à mille francs, avec beaucoup d'instance et même d'emportement.