Donc supposons; ils étaient trois: un du nord de l'Allemagne, un du centre, un du midi. Celui du nord disait:

—Nous tuons, nous brûlons, comme nous avons été tués et brûlés par la France. C'est justice, c'est la loi du retour, la peine du talion. Vive notre césar qui nous venge!

Celui du midi disait:

—Nous avons voulu nous séparer du césar du midi; nous tuons et brûlons pour inaugurer le césar du nord!

Et l'Allemand du centre disait:

—Nous tuons et brûlons pour n'être pas tués et brûlés par le césar du nord ou par celui du midi.

Alors de la grande pierre jadis consacrée, dit-on, aux sacrifices humains, sortit une voix sinistre qui disait:

—Nous avons tué et brûlé pour apaiser le dieu de la guerre. Les césars de Rome nous ont tués et brûlés pour étendre leur empire.

—Les césars sont dieux! s'écria le Prussien.

—Craignons les césars! dit le Bavarois.