Cette fois il est perdu, j'espère! O Satan, prends-le! sois plus fort que Dieu même.
SATAN, ailé et flamboyant, sortant de terre entre lui et Lupo.
Suivez-moi tous deux dans la vie et dans la mort, toi qui as accompli le parricide, et toi qui l'as fait commettre; vous m'appartenez sans rémission. De tels forfaits sont le triomphe de l'enfer et la limite de la protection d'en haut.
LIVERANI, se ranimant.
Tu mens, ennemi de Dieu! La pitié céleste est sans bornes, et les larmes du cœur lavent les plus grands crimes. Ne désespère pas, mon fils; tu peux te racheter par la douleur, fléchir Dieu par l'amour, le glorifier par la confiance...
LUPO.
Mon père! mon père bien-aimé! j'ai mérité les éternels supplices, ils ne sont rien pour moi au prix de ce que je souffre en vous voyant mourir de ma main. Dieu bon, Dieu juste, que je n'ai jamais su prier, fais qu'au séjour des justes mon père oublie que je suis né! Fais qu'il soit heureux, et je ne te reprocherai pas mon châtiment. Et toi, Satan, que j'ai servi sans m'en rendre compte, fais de moi ce que tu voudras. Je te défie de me faire autant de mal que m'en fait ce cœur d'airain en se brisant dans ma poitrine.
SATAN.
Viens, ton père n'est plus, et il est sauvé. Tu as encore du temps à vivre. Je te verserai, dans les combats et les plaisirs, le breuvage de l'oubli.
LUPO.