—Il n'y a plus de moine ici, disait-il. Il n'y a plus qu'un marmiton, un éplucheur de légumes, un plumeur de volaille, sous les ordres du chef Tartaglia; et, si Carcioffo ne travaille pas, Carcioffo ne mangera pas.
—Tu n'oublies qu'une chose, lui dis-je, c'est que nous n'avons ni légumes ni volaille.
—Pardon, Excellence, voilà des asperges, petites, mais succulentes; et, quant à la volaille…, regardez!
Il me montrait une poule morte dans son panier.
—Tu es donc sorti?
—Hélas! non. J'ai essayé, et comme hier, au moment où j'appelais par le guichet, on a répondu par ce mot stupide et brutal: En joue! Moi, j'ai répondu: Feu! en fermant le guichet, et je les ai entendus rire.
—Rire? c'est bon signe pour toi. Ils s'adouciront peut-être en ta faveur.
—Non, mossiou. L'Italien, ça rit toujours, mais ça ne se radoucit point pour ça!
—Mais cette poule, d'où vient-elle?
—C'est eux, mossiou, c'est les carabiniers qui me l'ont donnée.