—Mossiou! mossiou! disait Tartaglia criant à voix basse, comme on s'habitue à le faire dans notre situation: voyez, voyez! Pouvez-vous expliquer pareille chose? Est-que je rêve? Est-que vous la voyez aussi? Regardez donc le haut des grandes clarinettes du terrazzone!
Je levai la tête et vis les mascarons grotesques de ces grands tuyaux de cheminée se détacher en noir sur un fond rougeâtre, en même temps que, de leurs vastes bouches, sortaient des tourbillons de fumée.
—Tout est perdu, mon pauvre Tartaglia, m'écriai-je. Les carabiniers ont trouvé l'entrée de cette fameuse cuisine: ils y sont installés, ils s'y réchauffent et y ont établi leur cantine.
—Non, non, mossiou. Voyez! ils sont aussi étonnés que nous! Ils regardent et s'interrogent; ils cherchent de tous côtés, ils croient que nous avons mis le feu au château. Le feu à quoi, dans ces caves, je vous le demande? Qu'ils sont sots! Mais les voilà aussi en peine que nous, je vous jure, et même davantage, car ils n'osent pas rester sur la terrasse.
En effet, une panique s'était emparée de nos gardes, et leurs officiers avaient beaucoup de peine à les calmer.
—Au fait! dis-je à Tartaglia absorbé, la chose est assez importante!
Comment l'expliques-tu?
—Je ne l'explique pas, mossiou! dit-il en faisant le signe de la croix. On me l'avait toujours dit, que le diable revenait ici, et que l'on y voyait le feu des cuisines briller comme du temps où les papes y donnaient des festins de Lucullus! Mais je ne le croyais pas, je ne l'aurais jamais cru, et je vous avoue qu'à cette heure je me repens de mes fautes et recommande mon âme à Dieu!
XXXV
Mondragone, le…
Je continue à ne pas dater avant d'avoir écrit la série d'aventures que j'ai à vous apprendre, et que je vous raconte quand et comme je peux.