—Vous voulez donc que j’en prenne une laide? dit Germain un peu inquiet.
—Non, point laide, car cette femme te donnera d’autres enfants, et il n’y a rien de si triste que d’avoir des enfants laids, chétifs et malsains. Mais une femme encore fraîche, d’une bonne santé et qui ne soit ni belle ni laide, ferait très bien ton affaire.
—Je vois bien, dit Germain en souriant un peu tristement, que, pour l’avoir telle que vous la voulez, il faudra la faire faire exprès: d’autant plus que vous ne la voulez point pauvre, et que les riches ne sont pas faciles à obtenir, surtout pour un veuf.
—Et si elle était veuve elle-même, Germain? là, une veuve sans enfants et avec un bon bien?
—Je n’en connais pas pour le moment dans notre paroisse.
—Ni moi non plus, mais il y en a ailleurs.
—Vous avez quelqu’un en vue, mon père; alors, dites-le tout de suite.
IV
GERMAIN LE FIN LABOUREUR
Oui, j’ai quelqu’un en vue, répondit le père Maurice. C’est une Léonard, veuve d’un Guérin, qui demeure à Fourche.