—Vous avez six perdrix et un lièvre! Je pense qu’il ne faut pas tout cela pour vous rassasier?

—Mais faire cuire cela ici, sans broche et sans landiers, ça deviendra du charbon!

—Non pas, dit la petite Marie; je me charge de vous le faire cuire sous la cendre sans goût de fumée. Est-ce que vous n’avez jamais attrapé d’alouettes dans les champs, et que vous ne les avez pas fait cuire entre deux pierres? Ah! c’est vrai! j’oublie que vous n’avez pas été pastour! Voyons, plumez cette perdrix! Pas si fort! vous lui arrachez la peau!

—Tu pourrais bien plumer l’autre pour me montrer!

—Vous voulez donc en manger deux? Quel ogre! Allons, les voilà plumées, je vais les cuire.

—Tu ferais une parfaite cantinière, petite Marie; mais, par malheur, tu n’as pas de cantine, et je serai réduit à boire l’eau de cette mare.

—Vous voudriez du vin, pas vrai? Il vous faudrait peut-être du café? vous vous croyez à la foire sous la ramée! Appelez l’aubergiste: de la liqueur au fin laboureur de Belair!

—Ah! petite méchante, vous vous moquez de moi? Vous ne boiriez pas du vin, vous, si vous en aviez?

—Moi? j’en ai bu ce soir avec vous chez la Rebec, pour la seconde fois de ma vie; mais si vous êtes bien sage, je vais vous en donner une bouteille quasi pleine, et du bon encore!

—Comment, Marie, tu es donc sorcière, décidément?