—Ah! mon brave Germain, lui dit-elle, vous me défendrez; je n’ai pas peur avec vous.
Germain eut le frisson. Il regarda Marie: elle était pâle, ses vêtements étaient déchirés par les épines où elle avait couru, cherchant le fourré, comme une biche traquée par les chasseurs. Mais il n’y avait ni honte ni désespoir sur sa figure.
—Ton maître veut te parler, lui dit-il, en observant toujours ses traits.
—Mon maître? dit-elle fièrement; cet homme-là n’est pas mon maître et ne le sera jamais!… C’est vous, Germain, qui êtes mon maître. Je veux que vous me rameniez avec vous… Je vous servirai pour rien!
Le fermier s’était avancé, feignant un peu d’impatience.
—Hé! la petite, dit-il, vous avez oublié chez nous quelque chose que je vous rapporte.
—Nenni, monsieur, répondit la petite Marie, je n’ai rien oublié, et je n’ai rien à vous demander…
—Ecoutez un peu ici, reprit le fermier, j’ai quelque chose à vous dire, moi!… Allons!… n’ayez pas peur… deux mots seulement…
—Vous pouvez les dire tout haut… je n’ai pas de secrets avec vous.
—Venez prendre votre argent, au moins.