—Si vous voulez me promettre de ne pas faire le malheur de votre fille.
—Ma fille! Qu'est-ce que ma fille a à faire dans tout cela?
—Votre fille aime le meunier d'Angibault; elle est fort malade, elle peut en perdre la raison comme sa soeur. Entendez-vous, comprenez-vous, monsieur Bricolin?
—J'entends, et ne comprends guère. Je vois bien que ma fille a une espèce d'amourette dans la tête. Ça peut passer d'un jour à l'autre, comme ça est venu. Mais quel si grand intérêt portez-vous à ma fille?
—Que vous importe? Puisque vous ne comprenez pas qu'on puisse avoir de l'amitié et de la compassion pour une fille charmante qui souffre, vous comprenez du moins l'avantage d'être propriétaire de Blanchemont?
—C'est un jeu, madame la baronne. Vous vous moquez de moi. Vous avez parlé aujourd'hui à mon plus grand ennemi, à Tailland le notaire, qui vous aura certainement conseillé de me tenir la dragée haute!
—Sans aucune animosité contre vous, il m'a donné les renseignements nécessaires sur ma position. Or, je sais que je pourrais trouver un acquéreur très-prochainement, et vous tenir, comme vous dites, la dragée très-haute.
—Et c'est le meunier d'Angibault qui vous a procuré ce bon conseiller-là en cachette de moi?
—Qu'en savez-vous? Vous pourriez vous tromper. D'ailleurs, toute explication à ce sujet est inutile; si je me contente de vos offres, que vous importe le reste?
—Mais le reste... le reste, c'est qu'il faut que ma fille épouse un meunier!