—Ah! Monsieur, répondit Galuchet, une compagnie fort agréable! M. Antoine de Châteaubrun, qui est un bon vivant, un gros réjoui, tout à fait honnête dans ses manières; et sa fille, une femme superbe, faite au tour, et d'une mine on ne peut plus avenante.
—Je vois que vous êtes connaisseur, Galuchet, et que vous n'avez rien perdu des appas de la demoiselle.
—Dame! Monsieur, on a des yeux et on s'en sert, dit Galuchet avec un gros rire de contentement, car il était bien rare que son patron lui fît l'honneur de causer avec lui sur un sujet étranger à ses fonctions.
—Et c'est sans doute avec ces personnes-là que mon fils continue ses excursions romantiques?
—Je le pense, Monsieur; car je l'ai vu de loin passer à cheval, comme il s'en allait avec elles.
—Avez-vous été quelquefois à Châteaubrun, Galuchet?
—Oui, Monsieur. J'y ai été une fois que les maîtres étaient absents, et si j'avais su que je n'y trouverais que la vieille servante, je n'aurais pas été si sot.
—Pourquoi?
—Parce que j'aurais sans doute vu le château gratis, au lieu que cette sorcière, après m'avoir promené dans son taudis, m'a bien demandé cinquante centimes, Monsieur, pour le prix de sa complaisance! C'est indigne de rançonner les gens pour leur montrer une pareille ruine!
—Je croyais que le vieux Antoine avait fait faire quelques réparations depuis que je n'y suis entré?