—Ce n'est pas une raison.
—Cela, je le sais; mais la princesse est reine dans sa maison, et je parie qu'elle m'invite au premier bal qu'il lui plaira de donner.
—Tu le lui demanderas, n'est-ce pas?
—Certes! je la connais et elle m'aime beaucoup; c'est mon amie.»
Et, en disant cela, Mila se redressa et prit un air d'importance si drôle et si joli que Michel l'embrassa en riant.
«J'aime à voir, Mila, dit-il, que tu ne doutes de rien. Et pourquoi te détromperais-je? Tu perdras assez tôt les illusions confiantes de ton âge d'or! Mais, puisque tu connais si bien cette princesse, parle-m'en donc un peu, ma bonne petite sœur, et dis-moi comment il se fait que tu sois si intimement liée avec elle, sans que j'en sache rien.
—Ah! ah! Michel, tu es curieux de savoir cela, à présent! et jusqu'ici pourtant tu ne l'étais guère. Mais, puisque tu as été si peu pressé de me questionner, tu attendras bien encore jusqu'à ce qu'il me plaise de te répondre.
—C'est donc un secret?
—Peut-être! que t'importe?
—Il m'importe fort peu, en effet, de savoir quoi que ce soit touchant cette princesse. Elle a un beau palais, j'y travaille, elle me paie, je ne me soucie pas d'autre chose pour le moment. Mais rien de ce qui intéresse ma petite Mila ne peut m'être indifférent et ne doit m'être caché, ce me semble?