—Que diable fais-tu là? me dit-il, ai-je affaire à des fous? De quoi s'agit-il?

—Il s'agit, lui dis-je en tirant deux épées de dessous mon manteau, de vous battre avec moi.

—Avec toi, canaille! je te vais rosser comme tu le mérites.

—Un instant, lui dis-je en le prenant au collet avec une vigueur dont il fut un peu étourdi, je ne suis pas ce que vous croyez. Je suis noble tout aussi bien que vous; de plus, je suis un honnête homme et vous êtes un scélérat. Je vous fais donc beaucoup d'honneur en me battant avec vous. Il me sembla que mon adversaire tremblait et cherchait à s'échapper. Je le serrai davantage.

—Que me voulez-vous? Par le nom du diable! s'écria-t-il, qui êtes-vous? Je ne vous connais pas. Pourquoi m'amenez-vous ici? Votre intention est-elle de m'assassiner? Je n'ai aucun argent sur moi. Êtes-vous un voleur?

—Non, lui dis-je, il n'y a de voleur et d'assassin ici que vous; vous le savez bien.

—Êtes-vous donc mon ennemi?

—Oui, je suis votre ennemi.

—Comment vous nommez-vous?

—Cela ne vous regarde pas; vous le saurez si vous me tuez.