—Quoi! dit Bois-Doré, vous avez revu les tragiques historiens de M. de Belleroze? Ils sont ennuyeux comme quarante jours de pluie!
—Non, non; cette fois, la troupe s'appelle les Comédiens français du sieur de Lambour, et il y a là des gens fort habiles. Mais le temps se passe, et voici le fidèle Adamas qui vient nous dire que les chevaux sont prêts, n'est-ce pas? Partons donc, mon cher Villareal, et, puisque vous avez promis au marquis de venir demain le remercier, je m'invite avec vous.
—J'y compte bien, reprit Bois-Doré.
—Et vous pouvez compter aussi, monsieur, lui dit d'Alvimar en le saluant profondément, que je vous fournirai toutes les preuves de ce que j'ai avancé.
Bois-Doré ne répondit que par un salut.
Guillaume, pressé de se mettre en route, ne remarqua pas que le marquis, malgré son apparente courtoisie, s'abstint de tendre la main à l'Espagnol, et que celui-ci n'osa lui demander de toucher la sienne.
XXX
À peine furent-ils en selle, que le marquis, s'adressant à Adamas, lui dit d'une voix émue:
—Vite, mon hausse-col, ma bourguignote, mes armes, mon cheval et deux hommes!
—Tout cela est prêt, monsieur, répondit Adamas. Maître Jovelin nous a tout commandé, disant, de votre part, que, si M. d'Ars repartait ce soir, vous lui feriez escorte... Mais à quelles fins?...