—J'en ai d'autres, je vous les dirai.

—Oui, plus tard. Songeons à quitter ce pays sans d'autre explication avec le vieux fou. Je lui en ai dit assez pour lui faire prendre patience. Il m'attend demain.

—Pour un duel?

—Non; il est trop vieux!

—Mais il est fort rusé; avez-vous envie de pourrir en quelque oubliette de son manoir? N'importe, j'irai avec vous, si vous y allez.

—Je n'irai pas. Certaine prédiction me rend fort prudent. Quand nous serons auprès de cette petite ville dont vous voyez les feux là-bas, écartez-vous de l'escorte, disparaissez, et, un quart d'heure après, revenez me joindre en disant tout haut que quelqu'un de la ville vous a remis une lettre pour moi. J'irai jusqu'au château d'Ars comme pour la lire, et, aussitôt que j'aurai fait cette feinte, je dirai à M. d'Ars qu'il me faut partir à l'instant même. Est-ce entendu?

—C'est entendu.

—Alors, attendons M. d'Ars et ne montrons aucune hâte.

Quand le bon M. de Bois-Doré, armé jusqu'aux dents et bien assis en selle sur le beau Rosidor, eut franchi l'enceinte du village de Briantes, il vit Adamas, monté sur une bonne petite haquenée fort paisible, se faufiler à son côté.

—Voire! c'est vous, monsieur le rebelle? dit le marquis d'un ton qui ne réussit pas à être courroucé; ne vous avais-je point défendu de me suivre et ordonné de garder mon héritier?