Cependant on essaya encore de ne voir là qu'un enfantillage, et les soupçons tombèrent sur le plus jeune commensal du manoir après Mario. Mais Clindor montra une si vertueuse indignation, que le marquis dut le consoler aussi.
Le jour suivant, il manqua encore deux ou trois nez, et Adamas, indigné, fit monter la garde jour et nuit dans les jardins.
Le dommage cessa, et le bon Lucilio, touché du souci de Bois-Doré, composa une pâte italienne au moyen de laquelle il récolla patiemment et proprement tous ces nez.
Mais qui pouvait être l'auteur du crime? Adamas le soupçonnait; mais le marquis, se refusant à croire que quelqu'un de sa maison fût capable d'une pareille infamie, la rejetait sur quelque suppôt de M. Poulain.
—Ce cagot, disait-il, puisqu'il nous tient pour païens et idolâtres, se sera imaginé que nous rendions un culte à ces statues! Et pourtant, Adamas, elles sont toutes pudiques et décemment vêtues, comme il convient qu'elles soient en un lieu où se promènent nos enfants!
—Je dirais avec vous que c'est quelque bigot qui a bien plus clairement l'envie scélérate de faire gronder M. le comte. Or, tout le monde ici se ferait tuer pour lui, tant on l'aime, hormis une personne détestable...
—Non, non, Adamas! reprenait le généreux marquis. C'est impossible! Ce serait trop odieux de la part d'une personne du sexe.
On commençait à oublier cette grosse affaire, lorsqu'il en arriva une pire.
FIN DU TOME PREMIER