Faraudet, voyant sa femme se lamenter de la hardiesse du bon monsieur, eut honte de le laisser aller seul et se décida à le suivre.

Mais, quand le marquis eut franchi le pont dormant, il vit le pauvre paysan trembler si fort, qu'il craignit d'être plus embarrassé que secondé par un homme si malade, et qu'il le pria de ne pas aller plus avant.

La plupart des châteaux de la Vallée-Noire, même ceux du moyen âge primitif, sont situés dans le plus creux des vallons, au lieu d'être placés sur les hauteurs, comme dans la Marche et le Bourbonnais. La raison de cette anomalie est fort plausible.

Dans un pays qui n'offre pas d'escarpements considérables, on dut chercher dans le cours d'eau le principal moyen de défense.

Donc, à Brilbaut comme à Briantes, comme à la Motte-Seuilly, à Saint-Chartier, à la Motte-de-Presles, etc., le manoir s'était planté au milieu des méandres d'une rivière capable d'alimenter de ses eaux courantes le double fossé circulaire de l'enceinte.

Le pont qui donne entrée à la première de ces enceintes est fort étroit, et porté sur des arcades indécises entre le plein cintre et l'ogive.

Tout le château est d'une architecture de transition: la façade est d'une forme étrange; la porte et les fenêtres superposées de l'escalier rentrent de quelques mètres dans le massif général, comme pour s'abriter des attaques du dehors.

Le sommet de l'édifice a dû être mascherolé en cet endroit, mais la construction inachevée est tronquée par un toit hors de proportion avec l'édifice, qui annonce un plan assez grandiose resté en chemin.

Le marquis arriva au pied du manoir, à vol d'oiseau; les murs d'enceinte étaient si écroulés et percés de tant de brèches, les fossés tellement comblés en mille endroits, qu'il n'était pas nécessaire d'en chercher les portes.

Il ouvrit sans bruit celle du château, qui était petite et basse sous un arc rampant surmonté d'une ogive fleurie.