—C'est donc toi, Pilar? lui dit l'enfant, surpris par un sentiment de joie en reconnaissant sa petite compagne qu'il avait crue morte.

Mais il ajouta tristement:

—Est-ce pour me livrer que tu me cherches?

—Non, non, Mario! répondit-elle. Je veux me sauver de La Flèche. Sauve-moi, mon Mario, car je suis trop malheureuse avec ce maudit!

—Et comment pourrais-je te sauver, moi qui ne sais comment me sauver moi-même!... Va-t'en d'ici ou restes-y sans moi, ma pauvre Pilar; car ces bandits en te cherchant, vont me trouver aussi.

—Non, non; La Flèche croit m'avoir laissée là-bas avec le mort!

—Quel mort?

—Ils l'appellent d'Alvimar. Il est mort l'autre nuit, ils l'ont enterré ce matin.

—Tu rêves... ou je ne comprends pas. N'importe! Tu t'es échappée?

—Oui; je savais que l'on venait ici pour prendre ton château et ton trésor; j'ai descendu, en chat, par une toute petite fenêtre, et j'ai suivi de loin la bande. J'espérais qu'on tuerait La Flèche et ces mauvais coquins qui n'ont jamais voulu avoir pitié de moi.