—Mais la sarrasine est baissée! Ne vous inquiétez pourtant pas, je vais monter dans la salle de manœuvre. S'il y a du monde, tant pis pour eux, je cogne, je tue, je lève un pieu! Ne vous amusez pas à m'attendre. Passez, filez, volez! Si le pieu retombe sur la petite, tant pis pour elle; vous n'y pouvez rien, ni moi non plus. À la garde de Dieu! Filez toujours, je vous rattraperai.
—Mais, si tu es...
Mario s'arrêta, le cœur serré.
—Si je suis escofié, vous voulez dire? Eh bien, vous auriez beau vous en chagriner, il n'en sera ni plus ni moins. En me plaignant, vous perdrez la tête et les jambes! Vous ne devez songer qu'à courir.
—Non, mon ami, c'est trop de risques pour toi; restons cachés ici.
—Et, pendant que nous nous cacherons, si l'on brûle madame Lauriane, votre Mercédès, Adamas... et mes pauvres chevaux de carrosse qui sont là-dedans! D'ailleurs... Tenez, j'y vais tout seul. Quand ça sera ouvert, vous passerez.
—Allons! allons! dit Mario. Tout pour Lauriane et Mercédès!
Et il allait s'élancer hors du jardin, lorsque Pilar le retint.
—Fais attention qu'il doit venir ici d'autres maudits, je le sais. Si tu les rencontres, cache-toi bien, car tes habits à boutons d'or reluisent dans la nuit comme des diamants, et, pour avoir tes habits, ils te tueront!
—Une idée! s'écria Mario. Je vais vitement reprendre mes loques de malheureux qui sont là?