Cet endroit est, au reste, un des plus jolis du bas Berry. Les chemins de gravier qui y aboutissent sont bons et propres en toute saison. Deux jolis petits ruisseaux lui font une défense naturelle qui put être mise à profit jadis pour le camp de César.

Un de ces ruisseaux alimentait les fossés du château; l'autre, au-dessous du village, traversait deux petits étangs.

L'Indre, qui coule à trois pas de là, reçoit ces eaux courante; et les emmène le long d'une étroite vallée coupée de chemins creux, ombragés et parsemés de terrains vagues et incultes d'un aspect sauvage.

Il ne faut pas chercher la grandeur, mais la grâce dans ce petit désert, où les beaux terrains vierges, les buissons, les folles herbes, les genêts, les bruyères et les châtaigniers vous enferment de toutes parts.

Sur les bords de l'Indre, qui devient tout à fait ruisseau à mesure qu'on remonte vers sa source, les fleurs sauvages croissent avec une abondance réjouissante à voir[12]. Le ruisselet tranquille et clair a déchiré tous les terrains qui gênaient sa marche et formé des îlots de verdure où les arbres poussent avec vigueur. Trop serrés pour être imposants, ils étendent sur l'eau une voûte de feuillage.

Autour du hameau, le sol est fertile. De magnifiques noyers et une quantité d'arbres fruitiers de haute taille en font un nid de verdure.

La majeure partie des terres appartenait à M. de Bois-Doré. Il affermait les bonnes; les mauvaises étaient son pays de chasse.

M. d'Alvimar, après avoir exploré cette petite contrée, qui, par son isolement et l'absence de communications, lui faisait espérer aussi l'absence de rencontres inquiétantes, rentra dans le hameau et se demanda s'il irait rendre visite au recteur.

Il était échappé à M. de Beuvre de dire devant lui à Bois-Doré:

—Et votre nouveau paroissial? fait-il toujours des sermons dans le goût de la Ligue?