—Vous avez plus de chances que moi pour parvenir, vu que la fortune est la grande condition du pouvoir. Un prêtre ne peut pas faire fortune comme un laïque. Il faut qu'il arrive lentement, par les seules forces de son esprit et de son zèle. Il ne doit pas oublier que la richesse n'est pas son but, et il ne peut la désirer que comme un moyen. Quant à vous, du jour au lendemain, vous êtes libre d'avoir de la fortune. Il ne s'agit que de vous marier.

—Je ne crois pas! dit d'Alvimar. Les femmes de ce temps corrompu font la fortune de leurs amants plus volontiers que de leurs maris.

—Je l'ai ouï dire, répondit M. Poulain; mais je sais le remède.

—Oui-da! Vous tenez là un grand secret!

—Très simple et très-facile. Il ne faut pas viser si haut que vous avez peut-être fait. Il ne faut pas épouser une femme du grand monde. Il faut chercher une bonne dot et une femme simple au fond d'une province. Vous m'entendez bien? Il faut dépenser l'argent à la cour, et n'y pas mener la femme.

—Quoi! épouser une bourgeoise?

—Il y a des demoiselles nobles qui sont plus riches et aussi modestes, que des bourgeoises.

—Je n'en connais pas.

—Il y en a, en ce pays, sans aller bien loin!... La petite veuve de la Motte-Seuilly?

—Elle a tout au plus de l'aisance.