Mario, transporté, se hâta de dire à la Morisque, en arabe, et en la couvrant de caresses:
—Mère! nous ne marcherons plus dans les chemins. Ce beau seigneur nous garde ici dans sa belle maison!
Mercédès remercia en soupirant.
—L'enfant n'est pas à moi, dit-elle; il est à Dieu, qui me l'a confié. Il faut que je cherche et que je retrouve sa famille. Si sa famille n'existe plus ou ne veut pas de lui, je reviendrai ici, et, à genoux, je vous dirai: «Prenez-le et chassez-moi si vous voulez. J'aime mieux pleurer seule à la porte de la maison où il sera heureux, que de le faire encore mendier sur les chemins.»
—Cette femme a une belle âme, dit le marquis. Eh bien, nous l'aiderons, de notre argent et de notre crédit, à retrouver ceux qu'elle cherche; mais que ne nous apprend-elle ce qu'elle en sait? Nous l'aiderons peut-être tout de suite, d'après le nom de famille de l'enfant.
—Ce nom, je ne le sais pas, répondit la Morisque.
—Alors, qu'espérait-elle en quittant ses montagnes?
—Dis-leur ce qu'ils veulent savoir, dit en arabe Mercédès à Mario, mais rien de ce qu'ils doivent encore ignorer.
XVII
Mario prit la parole, enchanté d'avoir à s'expliquer, mais sans impudence ni manière, avec toute la candeur de sa grâce naturelle et de son beau regard.