—Cela ne regarde que moi, maître Huriel; vous n'êtes pas juge de mes sentiments, et je n'en dois confidence à personne. Je ne vous demande pas, moi, si vous êtes franc et fidèle envers votre femme!
—Ma femme? fit Huriel, comme étonné.
—Eh oui, reprit Brulette, n'êtes-vous point marié?
—Je croyais que vous l'aviez dit chez nous hier soir, quand mon grand-père, s'imaginant que vous veniez me parler mariage, s'est dépêché de vous refuser.
—Je n'ai rien dit du tout, Brulette, si ce n'est que je ne demandais pas le mariage. Avant d'avoir la personne, il faut avoir le cœur, et je n'ai pas droit au vôtre.
—Je vois au moins, dit Brulette, que vous êtes plus raisonnable et moins hardi avec moi que l'an passé.
—Oh! reprit Huriel, si je vous ai dit, à la fête de votre village, des paroles un peu vives, c'est qu'elles me sont venues comme ça en vous voyant; mais le temps a passé là-dessus, et vous devriez avoir oublié l'offense.
—Qui vous dit que je m'en souvienne? Est-ce que je vous en fais reproche?
—Vous me la reprochez en vous-même, ou tout au moins vous en gardez souvenance, puisque vous ne me voulez point parler clairement au sujet de Joseph.