—Je le sais fort bien, mon brave, répondit Salvator; mais je suis un ami intime de la signora Floriani, et je viens pour la voir.
Le vieillard approcha et le regarda avec attention. Puis il reprit:—Je ne vous connais pas. Vous n'êtes pas du pays?
—Je suis de Milan, et je vous dis que j'ai l'honneur d'être lié avec la signora. Voyons, par où faut-il entrer?
—Vous n'entrerez pas comme cela! Vous attend-on? Savez-vous si on voudra vous recevoir? Comment vous nommez-vous?
—Le comte Albani. Et vous, mon brave, voulez-vous me dire votre nom? Ne seriez-vous pas, par hasard, un certain honnête homme, qu'on appelle Renzo..., ou Beppo..., ou Checco Menapace?
—Renzo Menapace, oui, c'est moi, en vérité, dit le vieillard on se découvrant, par suite de l'habitude qu'ont les gens du peuple de s'incliner, en Italie, devant les titres. D'où me connaissez-vous, signor? Je ne vous ai jamais vu.
—Ni moi non plus; mais votre fille vous ressemble, et je savais bien son véritable nom.
—Un meilleur nom que celui qu'ils lui donnent maintenant! mais enfin le pli en est pris, et ils l'appellent tous d'un nom de guerre! Ah ça! vous voulez donc la voir? Vous venez exprès?
—Mais, sans aucun doute, avec votre permission, J'espère qu'elle voudra bien nous recommander à vous, et que vous ne vous repentirez pas de nous avoir ouvert la porte. Je présume que vous en avez la clef?
—Oui, j'en ai la clef, et pourtant, Seigneuries, je ne peux vous ouvrir. Ce jeune seigneur est avec vous?...