—Sortir! moi! Et pourquoi?

—Vous le savez. Sortez, et vite.

—Et si je ne le veux pas? continua Orio en reprenant son audace accoutumée.

—Ah! je saurai vous y contraindre, s'écria Ezzelin avec un rire amer.

—Comment donc?

—En vous démasquant.

—On ne démasque que ceux qui se cachent. Qu'ai-je à cacher, seigneur
Ezzelin?

—Ne lassez pas ma patience. Je veux bien, non pas vous pardonner, mais vous laisser aller. Partez donc, et souvenez-vous que je vous défends de jamais chercher à voir ma soeur. Sinon, malheur à vous!

—Seigneur, si un autre que le frère d'Argiria m'avait tenu ce langage, il l'aurait déjà payé de son sang. A vous, je n'ai rien à dire, si ce n'est que je n'ai d'ordres à recevoir de personne, et que je méprise les menaces. Je sortirai d'ici, non à cause de vous qui n'êtes pas le maître, mais à cause de votre respectable tante, dont je ne veux pas troubler le repos par une scène de violence. Quant à votre soeur, je ne renoncerai certainement pas à elle, parce que nous nous aimons, parce que je me crois digne d'être heureux par elle, et capable de la rendre heureuse.

—Oserez-vous soutenir toujours et partout ce que vous avancez ici?