— C'est drôle, lui dis-je, que vous ne soyez pas mieux instruit! Vous dites que chez vous on ne vous apprenait rien; mais, depuis le temps que vous êtes au couvent pour apprendre, vous devriez à tout le moins savoir lire, et Jacques dit que vous ne savez guère.
— Puisque Jacques ne sait pas du tout, il ne peut pas en juger.
Il dit qu'il avait apporté de la ville un papier que vous avez si mal lu qu'il n'y a rien compris.
— C'est peut-être sa faute; mais je ne veux point mentir. Je lis très mal et j'écris comme un chat.
— Savez-vous au moins compter?
— Oh! ça non, et je ne le saurai jamais. À quoi cela me servirait- il? je ne dois jamais rien avoir!
— Vous pourriez, quand vous serez vieux, devenir l'économe du couvent, quand le père Fructueux sera mort.
— Dieu m'en préserve! J'aime donner, je déteste refuser.
— Mon grand-oncle dit qu'à cause de votre grande noblesse, vous pourriez même devenir le supérieur du moutier.
— Eh bien, j'espère que je n'en serai jamais capable.