— Mais oui, me répondit-il, qui l'empêcherait? il y a longtemps qu'il y songe; il faut bien qu'il se fasse une famille, car un homme ne peut pas vivre seul.

— Alors, vous vous marierez aussi, je vois cela.

— Certainement, je veux avoir des enfants pour les rendre heureux.
Mais je suis trop jeune encore pour y penser.

— Trop jeune? Dans combien de temps y penserez-vous?

— Dans cinq ou six ans peut-être, quand j'aurai trouvé un état.

— Sans doute vous trouverez une riche demoiselle?

— Je ne sais pas, cela dépendra de ce que ma famille voudra faire pour moi; mais je ne prendrai pour femme que celle que j'aimerai.

— Est-ce que ce n'est pas toujours comme cela qu'on se marie?

— Non, on se marie souvent par intérêt.

— Alors, vous serez très heureux un jour? mais, moi, je ne vous verrai plus_, _je ne saurai peut-être pas où vous êtes, et vous ne vous souviendrez plus de moi.