Il a été l'homme de dévouement par excellence. Il a fait autant de bonnes actions et rendu autant de services importants qu'il a compté de moments dans sa vie. Son activité décuplait le temps et tenait du prodige. D'autres sont les martyrs d'instincts héroïques, il a été, lui, le martyr de sa propre bonté. Tolérant par nature, navré des souffrances d'autrui, malade d'une angoisse fiévreuse jusqu'à ce qu'il eût réussi à les faire cesser, accablé de fatigues physiques et morales, toujours ranimé par le désir du bien, toujours prêt à reprendre sa tâche écrasante, il a vécu bien littéralement pour aimer, et il est mort jeune pour avoir bien réellement vécu ainsi.
Planet était naïf comme un enfant, avec un esprit pénétrant et une finesse déliée. Il était un type de stoïcisme envers lui-même, de tendre indulgence envers les autres. Les contrastes de cette âme exquise et simple, souffrante et enjouée, étonnaient et charmaient en même temps, Nulle intimité n'a été plus douce et plus sûre que la sienne. Souvenez-vous de lui, vous tous qui l'avez reconnu, et cherchez qui lui ressemble! Pour nous, qui l'avons fraternellement chéri pendant vingt-cinq ans, sans jamais découvrir une tache dans son âme ardente, un travers dans son admirable bon sens, une défaillance dans sa charité, une lacune dans son affection, nous ne le remplacerons pas! mais nous l'aimerons toujours, étant de ceux pour qui la mort ne détruit rien.
A PLANET
L'avant-dernier des jours qui finissent l'année,
Planet nous a quittés pour un monde meilleur;
Il a rejoint, là-haut, la troupe fortunée
De ceux que Dieu remplit d'un éternel bonheur.
Je crois à ce beau rêve où l'âme se transporte
Pour accepter le mal qui règne parmi nous;
Mais j'y crois à demi: des cieux j'ouvre la porte,