Enfin, un détail nous prouva que cette petite population était riche et indépendante.
Madame Rosalie, notre éminente cuisinière, nous avait préparé, pour le second jour, un dîner d'une abondance insensée: nous étions las d'être à table. Nous demandions qu'on fît nos lits; nous étions fatigués. Il fut impossible de trouver une femme de peine pour les faire. Excepté au château, il n'y a pas de servantes dans le village; et, comme nous admirions le fait, notre hôtesse nous dit sur un ton de désespoir fort plaisant:
—Hélas! que voulez-vous, ils sont tous heureux ici! Ils n'ont pas besoin de gagner!
Terre de Cocagne, adieu, et au revoir bientôt, j'espère.
Ici, lecteur, si vous le permettez, je me servirai de notre journal; car, dès notre féconde excursion à G..., nous tînmes note de chaque chose.
VII
Nohant, 7 juillet.
Maurice, arrivé d'avant-hier, a la tête montée par les récits d'Amyntas. Je découvre qu'il se rappelle fort peu notre village. Il n'y a passé qu'une seule fois, il y a douze ans, et vite, la pluie au dos.