Où déjeunera-t-on? Où l'on voudra, et quand tout le monde aura faim. Nous sommes sûrs de trouver partout du gazon pour siége, des rochers pour table et des arbres pour tente.

On remonte le cours de la Creuse. Comment s'arracher de cette oasis? Et puis là sont les insectes à l'existence fantastique et l'espoir de nouvelles découvertes.

Au bout d'une heure de marche, tout le monde regarde avec amour le cheval porteur du déjeuner.

On fait halte au milieu des roches blanches, en face du grand rocher noirâtre dit le roc à Guyot.

Pendant que les uns déballent des provisions, les autres se mettent en quête du dessert.

Les cerneaux ne sont pas formés, mais M. Fred grimpe sur les cerisiers, et apporte sans façon des rameaux chargés de fruits. Je m'inquiète de ce mode de contributions trop directes.

—Ça ne fait rien, répond Moreau; les gens seraient là, qu'ils vous offriraient ce qu'ils ont. D'ailleurs, ce qui est planté sur les sentiers est au passant, et ce qui est loin des habitations est aux oiseaux.

Sylvain fait, avec des roches plates et des galets ronds, des siéges et des tables; il élève des dolmens sans les avoir.

C'est le moment d'examiner ces galets.

Ce sont des blocs de granit magnifiques, roulés et amenés là par la Creuse, et qui n'appartiennent nullement au terrain primitif où nous nous trouvons. Ils sont en si grand nombre dans certains coudes de la rivière, qu'on pourrait les utiliser. On l'a essayé pour le pavage et les ponts d'Argenton; mais les transports étaient trop coûteux et trop difficiles; on y a renoncé.