—Je sais tout! ajouta-t-il. J'ai vu la Zinovèse hier au soir. Tiens, voici la preuve!
Et il me montra à son petit doigt la bague que la marquise avait donnée la veille à madame Estagel.
—Ah! la Florade, m'écriai-je, tu lui as pris cette bague! Tu lui avoues donc que tu aimes la marquise? Et tu viens ici, la nuit, au risque d'être suivi! et tu ne crains pas la vengeance d'une femme poussée à bout!
—Non, je ne crains rien, répondit-il, rien que de n'être pas aimé de celle que j'aime.
—Mais c'est d'un affreux égoïsme, ce que tu dis là? Tu ne songes qu'à toi!
La Florade ne me comprenait pas. Quand je lui racontai les terreurs de la marquise et la défense qu'elle lui faisait de la voir jusqu'à nouvel ordre, il fut en proie à l'étonnement le plus sincère.
—Comment! s'écria-t-il, on craint pour Paul? Mais c'est fantastique, cette idée-là! Ah çà! vous prenez donc cette Zinovèse pour une mégère ou pour une Brinvilliers?
Et, passant tout à coup à la joie:
—Ah! mon ami, s'écria-t-il, est-ce que la marquise la craint? est-ce qu'elle a un peu souffert en la voyant? est-ce qu'elle l'a trouvée belle à présent qu'elle est guérie?
—Ainsi tu voudrais voir la marquise jalouse? tu voudrais la faire souffrir?