—Et puis vous ne connaissez pas le pays, objectais le curé. Nous nous sommes déjà égarés; n'allez pas nous faire souper de la rosée du soir et coucher à la belle étoile, au moins!
—Laissez donc faire le marquis, dit Léonce, et si vous parlez d'étoile, fiez-vous à la sienne! Sais-tu conduire? demanda-t-il à Teverino.
—Peut-être! répondit celui-ci, quoique je n'aie jamais essayé.
—Grand merci! s'écria le bourru. Vous allez nous verser, nous rompre les os! Il n'y a pas à plaisanter avec les précipices et les chemins étroits. Monsieur! Monsieur! laissez les rênes à ce jeune garçon, qui s'en sert fort bien.
—Ne fais pas de folies, dit tout bas Léonce à Teverino; si tu n'as pas été cocher, ne t'en mêle pas.
—Tout s'improvise, répondit le marquis, et je me sens si inspiré que je conduirais les chevaux du Soleil.
Là-dessus il fouetta les chevaux de Léonce qui partirent au grand galop.
—Pas par ici, pas par ici! cria le curé, jurant malgré lui. Où diable allez-vous? Sainte-Apollinaire est sur la gauche.
—Vous vous trompez, l'abbé, répondit le phaéton; je connais mieux les montagnes que vous.
Et se penchant vers Léonce, assis immédiatement derrière lui:—Où faut-il aller? lui demanda-t-il à l'oreille.