—Je suis venu de Pétersbourg en quinze jours, lui dit-il avec une sorte d'affectation; je ne me suis arrêté que vingt-quatre heures à Paris; aussi je crois... j'ai certainement de la fièvre.

—Oh! sans doute, vous avez... vous devez avoir la fièvre, répéta Valentine avec un empressement maladroit.

Un sourire haineux effleura les lèvres discrètes du diplomate.

—Vous avez l'air de Rosine dans le Barbier! dit-il d'un ton semi-plaisant, semi-amer, Buona sera, don Basilio! Ah! ajouta-t-il en se traînant vers la porte d'un air accablé, j'ai un impérieux besoin de sommeiller! Une nuit de plus en poste, et je tombais malade. Il y a de quoi, n'est-ce pas, ma chère Valentine?

—Oh oui! répondit-elle, il faut vous reposer; je vous ai fait préparer...

—L'appartement du pavillon, n'est-il pas vrai, ma très-belle? C'est le plus propice au sommeil. J'aime ce pavillon, il me rappellera l'heureux temps où je vous voyais tous les jours...

—Le pavillon! répondit Valentine d'un air épouvanté qui n'échappa point à son mari, et qui lui servit de point de départ pour les découvertes qu'il se proposait de faire avant peu.

—Est-ce que vous avez disposé du pavillon? dit-il d'un air parfaitement simple et indifférent.

—J'en ai fait une espèce de retraite pour étudier, répondit-elle avec embarras; car elle ne savait pas mentir. Le lit est enlevé, il ne saurait être prêt pour ce soir... Mais l'appartement de ma mère, au rez-de-chaussée, est tout prêt à vous recevoir... s'il vous convient.

—J'en réclamerai peut-être un autre demain, dit M. de Lansac avec une intention féroce de vengeance et un sourire plein d'une fade tendresse; en attendant, je m'arrangerai de celui que vous m'assignez.