—Et vous pensez peut-être qu'elle vous le permettra?
—Qui sait?... peut-être.
—Mais vous n'ignorez pas qu'elle est riche, qu'elle est d'une haute naissance...
—Elle est, comme vous, fille du comte de Raimbault, et j'ai bien osé vous aimer! Est-ce donc parce que je suis le fils du paysan Lhéry que vous m'avez repoussé?
—Non, certes, répondit Louise, qui devint pâle comme la mort; mais Valentine n'a pas vingt ans, et en supposant qu'elle n'eût pas les préjugés de la naissance...
—Elle ne les a pas, interrompit Bénédict.
—Comment le savez-vous?
—Comme vous le savez vous-même. Notre connaissance avec Valentine date de la même époque, ce me semble.
—Mais oubliez-vous qu'elle dépend d'une mère vaine et inflexible, d'un monde qui ne l'est pas moins? qu'elle est fiancée à M. de Lansac? qu'elle ne peut enfin rompre les liens qui l'enchaînent à ses devoirs sans attirer sur elle les malédictions de sa famille, le mépris de sa caste, et sans détruire à jamais le repos de toute sa vie?
—Comment ne saurais-je pas tout cela?