Je sors de Don Carlos. C'est très mauvais. Vous savez que je suis éclectique; j'adore la Traviata et Rigoletto. Don Carlos est une espèce de compromis. Pas de mélodie, pas d'accent; cela vise au style, mais cela vise... seulement. L'impression a été désastreuse. C'est un four complet, absolu. L'exposition fera peut-être un demi-succès, mais c'est quand même un désastre pour Verdi.
Adieu, faites vite votre fugue. Travaillez, et à vous mille fois de tout cœur.
Fin mars 1867[74].
Grand progrès dans vos contre-sujets et aussi dans la fugue. Faites-moi des divertissements plus soignés, mieux dirigés au point de vue des modulations. Développez vos strettes, et le prochain envoi sera bon.
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J'ai enfin un splendide ténor que je viens d'entendre à Bordeaux[75]. Mon ouvrage ne passera pas avant juin. Les... ont fait tout ce qu'il est possible de faire pour retarder et même compromettre mon ouvrage. L'humanité est ignoble, mon pauvre ami. Je me vengerai... et cruellement, je vous en réponds. Si vous pouviez retarder votre voyage jusqu'au 15 juin, je serais sûr de vous avoir à ma première représentation. Vous savez combien j'y tiens. J'ai mis G. en relations avec Leroy[76], l'ami qui doit parler à monsieur F. Espérons.—J'ai là des monceaux d'épreuves à corriger. Il faut vous quitter, cher ami, et vous dire à bientôt.
Mille tendres affections de votre ami.
Fin mars ou avril 1867.
Mon cher ami,
N'avez-vous plus de sujets? Je voudrais un envoi de réponses et de contre-sujets. C'est toujours là la pierre de touche. Faites la fugue ci-jointe. N'oubliez pas que toute la fugue doit rester dans le style du sujet et de ses contre-sujets. Renoncez donc au chromatique, aux petits silences, aux phrases coupées, puisque cette fois vos sujets n'en contiennent pas.