350 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN D’ARCHES, NUMÉROTÉS DE 241 A 590.

EXEMPLAIRE H. C.

A MON AMI,
A MON MAITRE, A MON BIENFAITEUR

CATULLE MENDÈS

En témoignage d’admiration profonde et d’affection sans bornes.

G. C.

ESSAI DE PARADOXE SUR LE RIRE

Edgar Poe à écrit dans un conte que personne n’a voulu traduire : « Savez-vous qu’à Sparte (qui est aujourd’hui Palaeochori), à l’ouest de la citadelle, parmi un chaos de ruines à peine visibles, émerge un socle où on peut lire les lettres ΛΑΣΜ? C’est évidemment la mutilation de ΓΕΛΑΣΜΑ. Or à Sparte, mille temples et autels étaient consacrés à mille divinités diverses. N’est-il pas étrange que la stèle du RIRE ait survécu à toutes les autres ? »

J’imaginerais volontiers que la lointaine postérité ne retiendra, au milieu des décombres littéraires de notre temps, que deux ou trois excellentes plaisanteries. On ne retrouve plus sur les rives de l’Eurotas cette lourde et lugubre monnaie de fer dont les Lacédémoniens se servaient pesamment. Leurs dieux ont disparu, et il devait y en avoir de fort célèbres. Sans doute, les offrandes que les Doriens firent au dieu Rire étaient payées avec ces pièces graves. Semblablement de quelle grosse monnaie de romans aurons-nous acheté les petits livres qui émergeront peut-être de notre océan de papier noirci. Quand les dieux septentrionaux se seront écroulés, quelques milliers d’années après les dieux de Grèce et d’Italie, on ne retirera même pas de nos ruines le socle du dieu Rire, et il faudra s’en aller en Chine pour admirer l’idole en bois de la Miséricorde.