Devant lui se carrait une lourde maçonnerie de briques d’où jaillissait toute une complication de tuyaux, tel, d’un cœur, le paquet enchevêtré des artères, et il pensait : « C’est le calorifère », quand des voix crièrent : « Qui est là ? » cependant que deux messieurs apparaissaient, cuirassés du plastron matelassé des prévôts.
Ils avaient le fleuret au poing ; leurs masques aux mailles pressées leur faisaient de terrifiants visages. C’était Douzéphir, commis d’ordre à la Comptabilité, et Gripothe, rédacteur aux Mainlevées d’hypothèques. Venus en cachette faire des armes, ainsi qu’ils avaient coutume, ils étaient encore tout tremblants de la frousse qu’ils avaient eue, ayant cru à la survenue inopinée d’un des gros bonnets de la maison.
Lorsqu’ils virent qu’ils s’étaient trompés, quand ils eurent sous les yeux cette pauvre et douce figure, cette barbe sale et contrite remuée sur de vagues excuses et d’indistinctes explications, leur émotion avortée tourna mal. Ils le prirent de très haut. Gripothe surtout fut dur. Il dit que la cave…
— … ou je me trompe fort…
n’était pas un endroit à mettre des dossiers ; que l’usage des chefs de bureau n’était point…
— … si je ne m’abuse,
de donner audience dans le calorifère, et qu’enfin, quand on ne savait pas, on se renseignait auprès des garçons de bureau, qui étaient là pour quelque chose…
— … sauf erreur ou omission.
Le fleuret tendu vers les éloignements ténébreux de la cave que rayait horizontalement, à ras de sol, une mince ligne de lumière, il se résuma sèchement :
— On sort par là.